Quand la Marvel s’amuse… 
(Article rédigé par David Boudet et initialement publié sur le site ComicsCollector le 21/09/2004)

En y regardant de plus prêt, c’est assez drôle. C’est vrai quoi, X-Men 94 n’a pas le moindre intérêt et vaut une fortune. Il est traqué, estimé chez CGC et pourtant sur le plan du scénario ou du dessin, il est aussi plat qu’un Incredible Hulk signé Sal Buscema !

On se consolera en se disant que oui mais bon quand même c’est la première apparition en titre officiel des nouveaux mutants, et qu’après tout on sortait de trois années de ré-édition bisseuses alors ho hé hin bon !

Pourquoi pas. J’ai moi-même franchi le pas en dégottant ce fameux numéro 94 après de longues recherches (de mon temps, pas de e-bay) pour en arriver aux conclusions sus-citées.

Et puis, là, dans un coin sombre, sous un tas de vieux machins infâmes avec une créature toute verte dessinée par le sombre rejeton d’un homme talentueux (Buscema toujours pour ceux qui ne suivent pas), voilà-t-y pas que je déniche un truc somptueux, une perle, une vraie :

Fantastic Four Roast #1.



Les esprits vifs et avertis me demanderont « c’est quoi un Roast ». Magnanime devant tant d’inculture, je leur répondrai que le Roast est une tradition américaine consistant à célébrer une ou plusieurs personnalités au cours d’une espèce de banquet. Durant ledit banquet, des invités de marques vont se succéder à une tribune pour rendre hommage aux héros de la soirée, de préférence à grands renforts de blagues douteuses.

Le Roast a été rendu très populaire à la télévision américaine à la fin des années 70 par les éminents membres du fameux Rat Pack (Franck Sinatra, Sammy Davis Junior, Dean Martin, Peter Lawford).

Si le concept sonnait faux à souhait avec les rires forcés, les figures avinées et vieillissantes et les invités limite « Has Been », il a eu le mérite d’inspirer les fous furieux de la Marvel sans doute fatigués d’écrire au quotidien les grandes lignes glorieuses du Bronze Age.

Allen Milgrom lance l’idée à ses compagnons de jeu qui lui emboîtent le pas avec délectation : On fait un Roast avec les FF.

La couverture annonce clairement la couleur avec une orientation totalement délirante.

Là ou le concept confine au génial, c’est que chaque page sera traitée par un dessinateur différent. Dans l’absolu, ça donne le tournis : John Byrne, Franck Miller, ……..

Même si la diversité donne une impression générale mitigée, l’ensemble étant inévitablement inégale, il s’en dégage un réel bonheur devant un tel condensé de talent.

Mais c’est le scénario et la teneur même des intervenants qui fait de ce numéro un véritable sommet, un bijou à l’état brut.

Amis et ennemis sont conviés à ce Roast dans un esprit pacifiste. Cependant la soirée est émaillée de petits incidents dont je ne dévoilerai rien, mais dont le dénouement n’est pas sans rappeler les Scooby Doo des grandes heures.
Quand aux interventions en tant que telles, certaines sont mémorables.

Des X-Men, odieux durant toute l’intervention prétendant en final que Magneto avait contrôlé leurs esprits (depuis quand contrôle-t-il les esprits ????) à Namor faisant du gringue à Susan en passant par Hulk en smoking débitant des blagues minables, le délire est total, joyeux, bon enfant.

Le feu d’artifice final est déclenché par Black Bolt pris d’un fou rire irrépressible avec les conséquences qu’on imagine.

On referme ce comics avec un sourire béat, l’œil amusé et le cœur léger. Quand on pense qu’on peut payer des fortunes pour des stupidités emblématiques de rien et que ce numéro unique se trouve (avec difficulté quand même) à 4$, on a parfois envie de mettre des baffes.

Car au delà des numéros spéculatifs (si si la Marvel a su faire), des « Must Have », ou des « Key Issues », Fantastic Four Roast marque l’apogée d’une époque.

Une époque sans héroïnes à gros poumons, sans gore à gogo, sans dessinateurs mercenaires.

Une époque ou tous les fans de la Marvel avaient un peu l’impression d’être une grande famille…


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Une aiguille dans une cyber botte de foin... 
C'est vraiment un pur hazard que je sois tombé sur cette vidéo Dailymotion:

Collecting and Certifying Valuable Comic Books



Aux environs de 3 minutes et 3 secondes, le action comics #93 qui apparait à l'écran est une de mes dernières soummissions à CGC.

Amusant.

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Je vous laisse la maison 20 ans, et c'est le bordel ! 
(Les états d'âme d'un collectionneur de comics sur l'évolution du marché des comics.
Article rédigé par David Boudet et initialement publié sur le site ComicsCollector le 23/11/2004.)




CGC, la grande erreur.

Commençons par un peu d’histoire. 1981. C’est le printemps, il fait beau à Limoges, grande capitale de la porcelaine sur le déclin et antre d’une équipe de basket gravement décédée depuis.

Un jeune crétin pas encore boutonneux se dirige dans une librairie-papeterie tout ce qu’il y a de plus standard. Déambulant dans les rayons, il se retrouve nez à nez avec un machin tout vert, plutôt moche, écrit tout dans une langue qu’on connaît pas et dont seul le titre lui évoque vaguement un souvenir télévisuel : Hulk.

A ce stade, sa connaissance de l’univers Marvel se borne aux dessins animés des Quatre Fantastiques, de l’Araignée et à la série télé ou Bill Bixby et Lou Ferrigno nous démontrent les qualités élastiques exceptionnelles du jean.

Et la pouf, le choc, la révélation. Le jeune gars va collectionner les comics puisque c’est comme ça qu’on appelle ces étranges choses venues tout droit des Huesses.

De fil en aiguille, il va rencontrer d’autres jeunes gars et tout ce petit monde va joyeusement découvrir le Silver Age, le Golden Age et se promener partout en France à la recherche du machin impensable que personne d’autre n’aura dans sa collec’.

Le jeune gars a grandi, il a quitté Limoges (Dieu Merci), et stoppé sa collection pendant exactement 19 ans trop occupé qu’il était à courir après des filles décidément bien rapides au sprint.

Et là, à 34 ans, une réminiscence, une madeleine de Proust, il se relance dans la collection se demandant quand même « Halala Halala, ou vais-je bien pouvoir trouver tout ça moi alors. ».

Un p’tit coup d’Internet et paf re-choc. Avec E-Bay et la flopée de sites web consacrées aux BD, ces belles choses inaccessibles ne le sont plus du tout et commander Spiderman 1 n’est plus qu’une affaire de gros sous. Qu’importe, notre trentenaire se lance dans la mêlée et commence à participer à des enchères dont il commence à sortir vainqueur. La collection est repartie, plus belle qu’avant. Et puis un jour, c’est carrément le FF1 qui lui revient, certes pas en Mint ultra 10.00 qu’on croirait qu’il sort de la presse, mais bon quand même !

Il guette la poste le trentenaire, les papilles excitées comme tout, l’œil injecté du sang du juste qui comme la mule du Pape (lisez Daudet tas d’incultes) a trop longtemps gardé son coup de pied.

Ce mercredi matin, Hosannah, le postier arrive avec le précieux colis. Le trentenaire pose le paquet sur la table, le défait avec une dévotion toute religieuse, et se retrouve enfin nez à nez avec……une bête boîte en plastoc expansé avec dedans son livre. Passé le premier choc cardiaque, il regarde l’ensemble, lit les annotations et comprend enfin ce que CGC veut dire, car sur l’annonce, il n’avait pas compris. Et comme le con est con, il ne demande pas quand il ne comprend pas.

Et oui, j’ai vécu ce moment comme un grand calvaire (oui le jeune gars devenu trentenaire c’est moi). Alors comme ça, au 21ème siècle, on vend les vieux comics en boiboite personnalisée. Bon, j’imagines que c’est ça le progrès.

Con certes, mais méthodique, j’entreprends alors de comprendre ce que c’est que CGC, et plus globalement de faire une analyse un peu minutieuse de ce qu’est devenu le marché du Comics.

1- Les menus plaisirs de la collection
2- Et si tout ça c’était pas simplement pour le fric….
3- Et pourtant c’est pas si con….
4- Pourquoi nous sommes en danger


1- Les menus plaisirs de la collection

J’entends déjà au loin les psychologues et autres anthropologues fourbir leurs discours pré-formatés sur les affres douloureuses de l’âme des collectionneurs et autres mécanismes dans lesquels ils seraient bien rassurer de nous voir tous fonctionner. Passez votre chemin vilains, je vous exècre !

Nous, il y a vingt ans, on collectionnait pour le plaisir. Voilà, point barre. Oui on peut aimer les hommes en collant et en bottes montantes sans être homosexuel, oui, on peut aimer voir les Aliens prendre une branlée sans être xénophobe, et non je n’aime pas les super-héroïnes aux gros seins parce que ma Moman m’aurait pas assez choyé.

Nous aimions simplement nous retrouver à plein dans une librairie tenue par un copain ou dans les salons des apparts de nos parents pour regarder les derniers arrivages, découvrir la dernière acquisition de l’un d’entre nous et débattre des heures sur des sujets sans intérêts pour l’équilibre des forces nucléaires de notre planète.

Nous allions à des conventions ensembles, fabriquions des boîtes de rangement, voire même des pochettes à grand renfort de scotch bien bourré d’acide qui fait mal aux couleurs.

Nous prenions un pied pas croyable à sortir de sa pochette un X-Men par Byrne, saint des saints à l’époque. Et quand j’ai ramené un jour un Incredible Hulk numéro 1, je suis devenu la star de la bande. Et là encore, nous l’avions sorti de sa pochette pour le contempler bien qu’il fut tout pourri.

C’était ça le plaisir. On collectionnait les comics comme on chine chez un brocanteur, profitant de l’excitation de moments furtifs avant des découvertes toutes petites certes, mais tellement amusantes. Loin de moi l’idée de me plaindre de la facilité offerte par Internet. Ce serait cracher dans la soupe.

Il va sans dire que l’augmentation des ventes et la multiplication des intervenants commerciaux potentiels n’a pu que générer des escroqueries aussi diverses qu’amusantes tant qu’on en n’est pas victime.

Internet, la mondialisation, sont en fait les meilleurs amis du collectionneur moderne. E-bay est un moyen facile et pas cher de se faire une collection sympa. L’arnaque existe certes, mais pas tant que ça. Et puis au détour d’une enchère, on reçoit un mail du vendeur qui a plein de trucs à fourguer et avec qui on entreprends des relations à la fois sympathiques et fructueuses, parfois amicales.

Alors créer une société, un système, permettant de garantir à l’acheteur la qualité de ce qu’il achète, pourquoi pas, mais le prix a payer est-il réellement la perte de tout plaisir lié à la collection elle-même ? Et l’erreur d’appréciation n’est-elle pas inhérente à toute transaction de ce style ? Internet n’est-il pas en l’occurrence un miroir aux alouettes ?

Si je pose ces questions, c’est bien parce que les collectionneurs de comics, les vrais, ceux qui font la différence entre un emprunt russe et un chef-d’œuvre de Neal Adams, doivent bien comprendre une chose. L’objet collectionné n’a de valeur que pour ceux qui collectionnent. Ca paraît peut-être évident, mais le système CGC voudrait nous faire croire le contraire.

Le premier sous que vous investissez dans un bronze, un silver ou un golden age est perdu, sans valeur. Essayez donc de payer vos impôts en comics pour voir…..
Sauf si ! Sauf si vous tombez sur un cercle de barjots en tout point semblables à vous-même et atteints des mêmes afflictions, auquel cas votre machin tout mou et tout laid retrouve un peu de sa valeur.

Quant à l’erreur d’appréciation, elle nous amène sur un terrain plus sensible que je vais détailler dans le prochain paragraphe, applaudissons la transition !

2- Et si tout ça c’était tout ça c’était pas simplement pour le fric….

Revenons à nos années 80. Trouver un silver age était dur, compliqué et rare. Dans de telles conditions, on imagine bien que le grade comme on dit aujourd’hui n’avait qu’une importance relative puisque la situation se résumait ainsi : on n’avait pas le choix. Alors tant pis pour le bout de scotch, tant pis pour la pub un peu découpée, on se ruait dessus quand on en voyait un ce qui n’arrivait pas tous les mois.

Et maintenant, pouf Internet, mondialisation youpi youpi, on trouve de tout, en nombre, c’est incessant, et à défaut de courir les conventions, il suffit d’un peu d’astuce, d’espièglerie ; c’est le pays de Candy ! Qu’est ce que je raconte moi….Pouf pouf.

Il suffit donc d’un peu d’astuce, et de pas mal de pognons pour se faire de chez soi, bien tout seul dans son fauteuil de nerd, une collec’ qui arrache la vie, tue ta mère et déchire….heuuu…..Galactus lui-même tiens.

Mais alors, ou est le partage la dedans ? Ou il est le plaisir de se retrouver entre potes, de débattre ? Qu’ont-ils fait de la part du rêve ? Et si tout ça finalement ça n’était pas un bête attrape con pour faire raquer les gogos ?

J’entends déjà mes détracteurs se gausser de mes propos, ce qui prouve au moins que je n’écris pas dans le vide. Mais pauvres énergumènes dont l’âme fut un temps pure, la passion immaculée, et la conception aussi, ne voyez-vous pas qu’on se fout de votre gueule ?

Collectionneurs, collectionneuses, on vous ment, on vous spolie !

CGC est une connerie, doublée d’une arnaque et d’une négation TOTALE de ce qui fait un collectionneur.

Une connerie ? Ben oui, car basée sur un postulat génial sur le plan du business mais ridicule sur le plan économique. CGC est devenu la garantie absolue d’un état, d’un grade, et donc d’une valeur. Mais d’une valeur de quoi ? Regardez de près l’allure de leurs boîtiers. Ce ne sont plus des bandes dessinées qu’on nous vend, ce sont des actions, en bonne et due forme.

Le petit logo qui va bien, le petit code couleur, les conditions générales de sécurité et de garantie universelle et hop emballez c’est pesé. Superbe marketing. Superbe connerie. Car nous en revenons au point précédent, il m’étonnerait qu’un jour des petits porteurs boursiers décident d’investir dans le comics, dont on se doute bien qu’il s’agit d’une valeur d’avenir, voire même d’un nouveau carburant pour les voitures. Quoi que pour une loco à vapeur…. Menfin bref, c’est idiot. Et c’est d’autant plus idiot, que vu qu’un comics CGC se voit adjoindre un coefficient multiplicateur face aux prix Overstreet, ça a créé une inflation ARTIFICIELLE des tarifs. C’est ça une bulle spéculative. Ni plus ni moins que ça. Sauf qu’à un moment ça pète une bulle et toujours à la gueule des braves et gentils cons.

Une arnaque ? Ah ben là je ne vais pas m’étendre (sauf si vous êtes Sharon Stone mais c’est une autre question), c’est simple, regardez leurs tarifs, c’est beau. J’aurais du avoir cette idée moi tiens !

La négation totale de ce qui fait un collectionneur ? Ah oui, et c’est même là que ça devient génial. Mettons nous en situation. Prenons un gentil collectionneur. Il commande sur Internet un Amazing Spiderman super beau, super nickel, un Mint plus plus ultra youpi ya ya. Il a un peu cassé sa tirelire le gentil collectionneur, mettant en péril les études de ses enfants qu’il a pas avec une femme qu’il n’aura jamais. Donc c’est un golio notre gentil collectionneur, un solitaire, un vrai de vrai. Donc il vide son compte et piaf d’impatience tous les matins en guettant le facteur quand celui-ci n’est pas en grève. Et pi un jour, les cieux s’ouvrent, la lumière divine inonde son porche, et tel un rois mage, le facteur lui délivre le divin présent.

Au bord de l’apoplexie, il ouvre fébrilement le paquet, écarte les différentes protections et pose ses doigts sur une jolie boite toute froide et contemple à travers le champ de force CGC son comic adoré. Qu’il ne peut pas lire. Horreur. Si je casse la boite, je brise le sacro-saint manteau de la déesse CGC et je perds des sous. Si je ne la casse pas, je ne verrais les pages mythiques que dans des reprints à trois euros. Il vit l’enfer notre gentil collectionneur. Il craque et met fin à ses jours en mangeant le comics avec la boîte.

Blague à part on a inventé un truc fabuleux : le comic qui ne se lit pas. C’est non seulement la négation de la collection, mais aussi de la nature même de l’objet. « Moman, je peux avoir 12 cents pour acheter un coooomic ? » « Voui mon chéri, mais n’oublie pas, ne le lis jamais ».

Superbe.

Ca ne vous parle pas assez ? J’ai un exemple irréfutable. Imaginez un musée ou on ne verrait que le cadre autour des tableaux. Voilà, c’est ça CGC. « Alors la Mesdames et Messieurs, vous admirez un Caravage de la première époque, une œuvre unique. » « Dites M’sieur le guide, le cadre il ressemble vachement aux Picasso de l’aile Ouest » « C’est normal, on les achète en série à Leroy Merlin. » Fermez les bans.

Une honte. Et le pire c’est que tous nous en sommes complices en acceptant ce système. Et n’oublions pas le fin du fin, l’ultime outrage. Ca incite des gens à collectionner les CGC pour leur valeur (je rigole) et des non CGC pour les lire. Triste situation, convenons en.

3- Et pourtant, c’est pas si con (ou l’auteur fait part de ses contradictions à des lecteurs contrits)

Que ceux qui me déifiaient se détrompe : je ne suis qu’un homme. Exceptionnel certes, mais un homme. Et comme tous les hommes j’ai des contradictions (plein). Alors par certains aspects, CGC c’est pas mal du tout. Quand on achète par Internet une Key Issue, quelque soit l’époque, il est effectivement rassurant de savoir qu’un tiers garantie la qualité dudit comics. L’affaire devient carrée, irréfutable, et sans risque. Mine de rien, quant on claque 750 euros dans une bédé (et ça pourrait être bien pire), autant ne pas les mettre au hasard.

De plus, quand je parle de spéculation je suis dans le vrai (c’est bon de se jeter des fleurs). Et je peux le prouver avec deux indicateurs très simples :

- Le marché du comics a connu une courbe de croissance supérieur au Dow Jones sur les dix dernières années. En gros ça veut dire qu’il valait mieux acheter un FF1 en 9.0 qu’un paquet d’actions Vivendi qui puent de la gueule.

- Avec un Euro quasiment 30% au-dessus du dollar, le comics devient non seulement abordable en achat overseas, mais devient en plus un placement monétaire puisque fatalement nos amis de l’administration Bush voudront un jour reprendre leurs importations et donc le dollar se verra revalorisé face à l’Euro.

Avouez quand même que nous sommes très éloignés de notre centre d’intérêt premier !

Mais bon, en mettant de côté la part de rêve qui nous habite tous, il faut tout de même avouer, même si cela me brûle un peu le postérieur, que sous un angle purement économique, CGC a un rôle réel a jouer. Et puis, à leur décharge, ce ne sont pas eux qui imposent au marché d’appliquer des coefficients délirant (jusqu’à x20 pour des 9.8). Un vendeur ne joue pas seul, il lui faut surtout un acheteur désireux et capable de dépenser les sous demandés.

Alors faut-il tuer le messager ? Certainement pas.

CGC innocenté, on peut se demander à qui revient la faute de ce marché inflationniste à l’extrême.

La réponse est étrange, presque décalée : aux investisseurs. Oui, j’ai bien dit investisseurs. Ces mêmes gens qui après avoir boursicoté, fait grimper l’immobilier, se sont ruer sur le marché du comics, et ce particulièrement depuis l’avènement du Third-Party Grading.

Du coup la donne a changé et une question me vient immédiatement à l’esprit (on applaudit encore une fois la transition !)


4- Pourquoi nous sommes en danger

Le comics a déjà cessé d’être un loisir d’ado. Ne parlons pas ici de la concurrence Xbox, ou Internet. C’est bien l’aspect ultra coûteux de la collection qui est en cause. Pour avoir du vaguement ancien, ça coûte cher. Notre loisir est devenu un passe-temps de riche.

Ca ne serait pas grave s’il n’y avait pas un corollaire terrifiant. Si les jeunes n’accèdent plus à ce loisir, comment s’assurera la relève à la disparition des collectionneurs historiques ? Il serait naïf de croire que l’occupation des salles obscures par les films estampillés Marvel assurera cette continuité, cette curiosité intellectuelle qui nous a pratiquement tous amenés de Strange à Journey Into Mistery. Et si à notre mort il n’y a pas cette relève, les précieux comics n’auront été qu’un leurre, une illusion.

La valeur de ces bandes dessinées existe par l’affect que nous avons transféré sur elles. Il n’y a ni logique historique, ni logique de rareté, et pourtant certains en on fait une économie avec une logique de marché.

Il n’y a la qu’une spéculation grossière, presque vulgaire.

N’empêche qu’il nous reste à nous, deuxième génération de collectionneurs, à savoir transmettre la passion, animer cette flamme qui menace de s’éteindre dans notre beau pays, et je dis ça sans rire.

Voilà, j’espère que cet article vous aura sinon informé, du moins distrait. Mais à l’instar des grands artistes engagés que notre beau pays à porté en son sein (je pense, entre autres, à Florent Pagny, Patrick Bruel, Jean-Pierre François et autres Sacha Distel), je me dois de montrer l’exemple, de passer à l’acte afin de valider ma position sous peine de passer pour un sournois littérateur qui n’écrit que pour se faire plaisir (Ho ! Chuis pas Bernard Henri Lévi Strauss moi !).

Alors je vais de ce pas prendre un joli marteau et je m’en vais péter la gueule à l’affreuse boite qui n’a retenu mon Fantastic Four 1 que trop longtemps et puis après j’irai appeler mon camarade Vincent et passerai un mail à David (le Big Boboss du site) pour papoter de nos héros préférés. Après tout, c’est ça, être collectionneur de comics !



(Article rédigé par David BOUDET... et qui n'engage que lui d'ailleurs ;)

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Un monde dominé par les femmes ? De la pure science-fiction bien évidemment... 
Note de lecture: From beyond the unknown #11 (06-07/1971)
(Initialement publiée sur le site ComicsCollector le 26/11/2004)

Petite remarque avant de passer au vif du sujet:

Depuis maintenant quelques mois, je commence un peu à me lasser des comics du genre "super-héroïque"...

Je ne parle même pas des comics qui sortent en ce moment (cela fait maintenant un bon bout de temps que je n'ai pas mis les pieds dans un comics shop). Je parle des comics Marvel en général. Sincérement, n'avez vous pas l'impression d'avoir fais le tour du monde Marvel ? C'est mon cas.

C'est pourquoi, petit à petit, je me tourne vers les comics DC, et plus particulièrement vers les série d'horreurs et de SF. Et il faut bien l'avouer, la maison DC est la référence en la matière. C'est une véritable mine d'or, remplie d'innombrables séries obscures, quasiment jamais publiées en version française. La série "From beyond the unknown" fait partie de ces titres inconnus et éphémères qui mérite malgrés tout qu'on s'y attarde un petit peu.

"From beyond the unknown" est né au début des années 70. Rien d'innovant, il ne s'agit en fait que de simples re-éditions de comics SF que DC avait déjà publiés dans les années 50 (Mystery in space, stranges adventures...). Des scénarios délirants, parfois niais, souvent à la limite du ridicule, mais certains épisodes valent le détour. C'est la cas de cette histoire, intitulée "It's a woman's world", et parue dans le numéro 11 de la série. C'est l'objet de ma note de lecture d'aujourd'hui:

Nous sommes en l'an 3100...
Les femmes sont à la tête des postes clefs de la société terrienne (Voyez ou nos élus nous ont amenés avec leur idée de parité). L'homme n'est plus que l'ombre de lui même, être inférieur réduit aux seules taches ménagères et reproductrices.



Finies les soirées football entre potes, le verre de bière à la main ? Non, mais ce sont désormais les femmes que l'on regarde jouer au football américain.



Tous les métiers éprouvants et réputés difficiles sont réservés aux seules femmes. Bref, ce monde du futur est le négatif complet du notre... A une seule différence: Mise au rebut l'idée qu'une société dirigée par les femmes serait pacifique: Ce sont elles, en effet, qui ont conquis la galaxie du 33ème siècle, réduisant leurs ennemis à néant.

C'est alors qu'on nous présente Greg Dexter, jeune homme maniant aussi bien l'aspirateur que l'éponge, et qui décidément se posent beaucoup de questions... Pourquoi les hommes ne seraient-ils pas aussi capables que les femmes ?

Il se décide alors à briser un tabou qui souhaiterai que seules les femmes puissent s'engager dans l'armée et devenir pilote de fusée. Un comble !

Se moquant des railleries de ses copines de régiment (je sais, c'est dur de s'y faire hein ?), Greg réussira avec brio sa formation.



La suite ? Une histoire à dormir debout où notre courageux Greg se retrouve à délivrer sa supérieure hiérarchique lors d'une mission extremement périlleuse visant à endiguer l'invasion de la galaxie par les méchants habitants de la planète Thebor. La belle tombe amoureux de Greg, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Amis du machisme et poilus sur le torse, rassurez vous ! En final, et même en science fiction, l'ordre naturelle des choses sera rétablie. Eh, faut pas déconner quand même ! ;)





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Fantastic seventies ! 
Je viens de recevoir, directement des USA, une quinzaine de comics neufs de la série Fantastic Four, datant de la fin des seventies...



Même s'il est vrai que l'époque silver age des quatres fantastiques comporte un certain nombre de moments inoubliables, j'ai une affection particulière pour les années 70. Peut-être est-ce parce que c'est précisément les traductions de cette période que j'ai pu lire lorsque j'étais plus jeune dans la défunte revue des Editions Lug, Nova ?
Bon et puis il ne faut pas oublier les Joe Sinnott, les Rich Buckler, les George Pérez, les frères Buscema et j'en passe qui ont buchés à cette époque pour nous faire rêver...



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